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Pour les bédéphiles
 
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 Culture générale sur la BD

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Nok-Tan
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MessageSujet: Culture générale sur la BD   Mer 31 Jan - 15:45

Source: wikipédia

Définition de la bande dessinée:

La bande dessinée (appelée encore par l'acronyme BD, ou bédé) est un art littéraire et graphique (souvent appelé le neuvième art) où une histoire est racontée grâce à des images, des dessins, accompagnés généralement d'un texte (explicatif ou dialogue, il est dans ce dernier cas, dans une bulle ou phylactère). On appelle les amateurs de bande dessinée, des bédéphiles. L'auteur et théoricien de bande dessinée Scott McCloud définit la BD dans son fameux ouvrage l'Art invisible de la sorte:

Images picturales et autres, volontairement juxtaposées en séquences, destinées à transmettre des informations et/ou à provoquer une réaction esthétique chez le lecteur.

Cette définition restant neutre sur le contenu (séparation du fond et de la forme) semble être la meilleure pour définir ce qu'est la bande dessinée, en excluant ce qu'elle n'est pas. Elle semble importante compte tenu du fait que la BD est souvent victime d'amalgames entre le fond et la forme.

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MessageSujet: Re: Culture générale sur la BD   Mer 31 Jan - 15:49

Un peu d'histoire:

Avant de faire l'histoire de cet art (et non médium, que l'on confond souvent : la télé fait partie des média car elle est un support à d'autres arts tels que le cinéma mais la BD est bel et bien un art car elle est une création en elle-même), il convient de noter que la « bande dessinée » possède plusieurs définitions croisées qui ne se recoupent pas forcément.

Le nom « bande dessinée » devrait permettre de définir la bande dessinée comme un moyen de raconter des histoires par le biais d'une séquence d'images, mais le mot suggère d'autres notions :

Deux célèbres auteurs de BD se sont penchés sur une définition précise de leur art. Le premier est Will Eisner. Celui-ci donne d'ailleurs directement sa définition de la bande dessinée dans le titre de son ouvrage sur cet art : "La bande dessinée, art séquentiel". Il y explique que l'auteur de BD traite le message qu'il veut faire passer de façon séquentielle. Mais tout message séquentiel n'est pas pour autant de la Bande Dessinée.

Cette idée sera reprise et quelque peu approfondie plus tard par Scott McCloud dans son ouvrage "L'Art invisible". Pour lui, l'essence de la BD réside dans l'espace qui existe entre deux cases, et qui demande un travail de reconstruction (notamment temporelle) au lecteur.
Pour certains, une bande dessinée mêle l'image au texte, ce dernier étant présent de manière plus ou moins artificielle (« Pour qui la regarde sans familiarité ni complaisance, la bulle de bande dessinée est loin d'offrir une solution gracieuse ou naturelle au problème de l'insertion du texte dans l'image — c'est-à-dire du croisement entre deux régimes de signes fondamentalement différents. » Thierry Smolderen : Ceci n'est pas une bulle ! Structures énonciatives du phylactère ) sous forme de récitatifs ou de phylactères (« bulles »). De nombreuses bandes dessinées muettes, comme le très classique « petit roi » de Otto Soglow, contredisent ce principe qui voudrait qu'une bande dessinée soit forcément encombrée de texte. On sait par ailleurs que le phylactère existait avant la bande dessinée, et qu'il était utilisé d'une manière très proche de celle qui a cours en bande dessinée dans les caricatures de la fin du XVIIIe siècle siècle en Grande-Bretagne ou en France.

Pour certains, la bande dessinée, au-delà d'un simple moyen d'expres​sion(un médium, une boîte à outils), est un « genre ». On retrouve cette opinion chez les amateurs de bande dessinée (« j'aime la science fiction, le roman-policier et la bédé ») comme chez leurs détracteurs (« ce film est une vraie bande dessinée » - phrase qui sous-entend : ce film est fantaisiste et simpliste). Il est à noter que ceux pour qui la bande dessinée est un « genre » considèrent souvent que cette dernière est réservée à un public enfant ou adolescent.

D'autres vont plus loin et voient la bande dessinée comme un style graphique, allant jusqu'à qualifier des dessins non-séquentiels de dessins « bd », parce que ceux-ci incluent des détails empruntés au graphisme mis au point par des auteurs de bandes dessinées, tels que le « gros nez ».

Enfin, certains avancent que la bande dessinée est essentiellement un média de masse, destiné à exister sous forme imprimée (multiple). Le rapport très étroit qui lie la bande dessinée aux moyens de reproductions mécaniques leur donne sans doute raison : la lithographie (XVIIIe siècle), qui permet au dessinateur un travail rapide, solitaire et sans limite du nombre d'impressions, a permis à l'estampe de se développer et d'en populariser le genre. La photogravure a encore ôté certaines contraintes aux auteurs. Les progrès de l'offset au cours des années 1980 ont permis à la couleur directe d'éclore, etc.

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MessageSujet: Re: Culture générale sur la BD   Mer 31 Jan - 15:53

Avant le XIXème siècle

Il est difficile de donner une date précise aux premières bandes dessinées.

On dit souvent que les peintures rupestres, comme celles de la grotte de Lascaux en France, sont une forme archaïque de bande dessinée puisqu'elles racontent des histoires au moyen d'images. Un tel rapprochement est un peu artificiel car a priori, il ne s'agit jamais de suites de dessins, il n'y a pas de raisons de rattacher les peintures rupestres à la bande dessinée plutôt qu'aux autres arts visuels. De plus, la qualité « narrative » de ces peintures reste à prouver, de nombreux archéologues penchent pour une interprétation chamanique (les dessins auraient une fonction magique).

Les fresques et les bas-reliefs antiques en Égypte, en Grèce ou à Rome (la colonne Trajane par exemple), ne sont (parfois) pas très éloignés de la définition de bandes dessinées puisqu'ils utilisent la séquence d'images comme moyen de raconter une histoire. Ces bas-reliefs présents dans les tombes des pharaons et racontant par exemple la vie de son hôte peuvent être considérés comme la première forme existante de bande dessinée de l'humanité telle qu'on la conçoit de nos jours.

Au Moyen Âge, le livre prend son essor, et notamment le livre illustré de miniatures. C'est à cette époque aussi que l'on commence à utiliser des bandeaux de textes (phylactères) pour faire parler des personnages. En France la Tapisserie de Bayeux est, au sens strict, une très longue bande dessinée.

À la Renaissance, les peintures des églises racontent souvent des histoires en plusieurs panneaux (aujourd'hui encore, dans la plupart des églises catholiques, le « chemin de croix » raconte les dernières heures de Jésus sous la forme d'une succession d'images). Aux XVIIe siècle et surtout XVIIIe siècle, naît la littérature populaire avec les « livres bleus » diffusés dans les campagnes.

En 1796, les premières images d'Épinal sont imprimées en série par L'Imagerie d'Épinal fondée par Jean-Charles Pellerin (Vosges). Ce sont des estampes aux sujets populaires (histoire, chanson, contes, etc.) et aux couleurs vives. Plus tard L'Image d'Épinal se transforme. Au tableau unique succède la planche composée d'une histoire, de dessins, de chansons. Jean-Charles Pellerin fut sans nul doute un précurseur des maisons d'édition de bande dessinée.

À la même époque, le dessin de presse connaît sa première grande période, notamment en Grande-Bretagne (avec William Hogarth, Thomas Rowlandson et James Gillray) ou, pendant la Révolution, en France. On y voit naître la pratique régulière du phylactère et, plus généralement, l'imbrication du dessin et du texte, on y voit aussi naître les premiers personnages stéréotypés (comme le célèbre John Bull). William Hogarth est également un des pères du concept de la série en bande dessinée.


John Bull par James Gillray et les premiers phylactères

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MessageSujet: Re: Culture générale sur la BD   Mer 31 Jan - 15:55

Le XIXème siècle:

Au XIXe siècle, les histoires en images se sont répandues grâce à une plus large diffusion de la presse due aux progrès de l'imprimerie et annonce les prémices de la bande dessinée en dépassant l'illustration traditionnelle.

Au Japon, Katsushika Hokusai créa une série d'esquisses de dessins grotesques, comparables aux Grotesques de l'italien Léonard de Vinci, qu'il appela manga. Ce nom est encore aujourd'hui celui de la bande dessinée japonaise. Les mangas actuels ont souvent recours aux mêmes genres que les estampes du XIXe siècle : horreur, samouraïs, érotisme, humour. Même si les mangas ont profité d'une influence anglo-saxone au début du XXe siècle et même si le genre s'est cristallisé après la Seconde Guerre mondiale avec Osamu Tezuka, on peut tout à fait considérer qu'une continuité relie les œuvres de l’Ukiyo-e (Hokusai, Sensei, Utamaro, Hiroshige, Sharaku, etc.) aux mangas contemporains.


une planche de manga par Hokusai

En Europe, on s'accorde généralement à reconnaître le suisse Rodolphe Toepffer (ou Töpffer) comme le premier créateur de bande dessinée, son premier ouvrage Histoire de M. Jabot ayant été publié en 1833. Plusieurs ouvrages du même type suivront. On peut dire que Töpffer a inventé l'album de bandes dessinées (chacun de ses livres est un long récit), le personnage de bande dessinée et même, la théorie de la bande dessinée avec son Essai de physiogonomie. L'expérience connaîtra un grand succès et s'attire cet éloge de Goethe : « C'est vraiment fou, tout pétille de talent et d'esprit ! S'il choisit un jour un sujet moins frivole, et s'il s'applique un peu plus, ce qu'il fera dépassera toute idée ! » Les livres de Töpffer seront réédités (et parfois redessinés, par Cham notamment) et suffisamment bien diffusés, y compris aux États-Unis, pour ne laisser aucun doute sur l'influence considérable qu'ils ont eue sur la suite de l'histoire de la bande dessinée. Viennent ensuite Christophe, auteur de La Famille Fenouillard (1893) et du Sapeur Camember (1896), mais aussi Nadar, Cham, Grandville, Gustave Doré et Caran d'Ache.
Les dialogues ne sont pas inclus dans ces bandes dessinées sous forme de phylactères, ils sont généralement présents dans des récitatifs situés sous les vignettes.
En Allemagne, mentionnons Wilhelm Busch, dont les héros Max und Moritz (1865) inspireront Rudolph Dirks lorsqu'il créera les Katzenjammer Kids une trentaine d'années plus tard.

Aux États-Unis d'Amérique les premières bandes dessinées furent The Yellow Kid (1896) par Richard Felton Outcault, et surtout The Katzenjammer Kids de Rudolph Dirks en 1897 (en français : Pim, Pam et Poum). Celui-ci est le premier à faire un usage systématique des bulles (ou phylactères). Plus tôt, Arthur Burdett Frost, sans utiliser les phylactères, est un des plus sérieux prétendants au titre de premier auteur de bande dessinée américain.

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MessageSujet: Re: Culture générale sur la BD   Mer 31 Jan - 15:57

Les années 1900

En 1904, à Montréal dans le journal La Patrie paraît pour la première fois une bulle dans la série Timothée, par Albéric Bourgeois.
En 1905, La Semaine de Suzette offre à ses petites lectrices les aventures d'une servante bretonne au grand cœur née à Clocher-les-Bécasses, surnommée Bécassine. Ses aventures sont racontées sous la plume de plusieurs auteurs, dont les premiers furent M. Languereau et J. Pinchon.
en 1905, Little Nemo in Slumberland créés par l'auteur américain Winsor McCay en 1905 pour l'hebdomadaire New York Herald puis le New York American, publié jusqu'en 1913.
En 1908, dans un genre très différent, L'Épatant publie les tribulations d'un trio de petits malins, Les Pieds Nickelés. Cette expression, imaginée par Tristan Bernard, désigne des hommes peu portés sur le travail. Croquignol, Filochard et Ribouldingue ne conçoivent pas de vivre autrement que par la débrouille.


Little Sammy Sneeze (Le Petit Sammy éternue) - Winsor McCay

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MessageSujet: Re: Culture générale sur la BD   Mer 31 Jan - 16:01

Les années 1910

En 1915, William Randolph Hearst, le plus important homme de presse de son temps, crée le King Features Syndicate dédié à la distribution nationale et internationale de bandes dessinées. Il est imité par Joseph Medill Patterson, son principal concurrent.

En 1917 à Barcelone en Espagne c'est la première publication du périodiques TBO; le succès fut si grand que dès cette époque toutes les revues de bande dessinée furent appelées tebeos en Espagne, ainsi que les sections des journaux qui publiaient des encarts de bande dessinée ou des histoires pour enfant.

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MessageSujet: Re: Culture générale sur la BD   Mer 31 Jan - 16:03

Les années 1920

En 1929, en Belgique, une bande dessinée en noir et blanc est publiée dans Le Petit Vingtième, un supplément du journal Le Vingtième Siècle destiné aux jeunes. C'est le début des Aventures de Tintin créées par Georges Remi, dit Hergé. D'un point de vue graphique, la ligne claire de Tintin n'est pas la révolution que l'on dit souvent, puisqu'à l'époque, La Famille Illico paraît depuis près de quinze ans, et Zig et Puce, par Alain Saint-Ogan, existent depuis quelques années aussi — Hergé s'en est, du reste, beaucoup inspiré. Ce sont à d'autres qualités qu'Hergé devra son succès : une technique épurée du récit graphique (jamais de textes inutiles, un grand sens de l'ellipse), de bonnes réminiscences d'auteurs tels que Jules Verne ou Maurice Leblanc, et, à partir du Lotus Bleu, un goût tout à fait inédit en bande dessinée à l'époque pour le travail de documentation.

En 1929, aux États-Unis, c'est l'apparition des strips d'action avec Buck Rogers et Tarzan, d'autres histoires apparaissent sous l'appellation comics, terme qui fut vite adopté pour désigner une forme plutôt qu'un genre. C'est aussi cette année-là que fut publiée sous forme de tabloïds, les Funnies, une compilation d'une série de strips publiée dans les journaux américains ; c'est la première publication en quatre couleurs de comics. Son format Tabloïd provoqua une confusion avec les suppléments du dimanche des divers journaux de l'époque et provoqua l'arrêt de ces suppléments.

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MessageSujet: Re: Culture générale sur la BD   Mer 31 Jan - 16:03

Les années 1940

En 1946, au Japon, après la Seconde Guerre mondiale, le manga japonais commença à se moderniser. L'abrogation de l'interdiction des publications (hors propagande) permet à Osamu Tezuka de rendre aussi bien le contenu que la forme du manga plus énergique. Le premier livre de Tezuka fut une adaptation de L'Île au trésor intitulée La Nouvelle Île au trésor (1947).

En 1949, en France, une loi se propose d'œuvrer à une « amélioration des publications destinées à la jeunesse ». Son véritable programme est en fait de supprimer la bande dessinée en y appliquant de nombreuses contraintes, comme celle, toujours en vigueur, qui veut qu'un journal destiné aux jeunes doive contenir une part importante de rédactionnel.

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MessageSujet: Re: Culture générale sur la BD   Mer 31 Jan - 16:04

Les années 1950

En 1954, craignant qu'une loi anti-comics ne soit votée, un certain nombre d'éditeurs se regroupe pour créer un label d’auto-censure, le Comics Code Authority. La même année, le psychiatre Fredric Wertham publie Seduction of the innocent, une violente charge contre la bande dessinée qui présente l’industrie des comics comme un complot, et lui impute tous les maux de la jeunesse.

En 1958, Francisco Ibañez crée les immortels Mortadelo y Filemón (agence d'information).

En 1959, c'est la parution du journal Pilote (Mâtin, quel journal !), un hebdomadaire de bande dessinée qui découvrit beaucoup d'œuvres talentueuses telles : Astérix le Gaulois (de René Goscinny et Albert Uderzo), Tanguy et Laverdure (de Jean-Michel Charlier et Albert Uderzo), Barbe-Rouge (de Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon) et bien d'autres.

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MessageSujet: Re: Culture générale sur la BD   Mer 31 Jan - 16:06

Les années 1970

Dans les années 1960, la bande dessinée francophone se développe, en particulier à travers l'essor de magazines (en particulier le Journal de Spirou et le Journal de Tintin, puis avec le journal Pilote), permettant l'émergence de nouveaux personnages dont les plus populaires verront leurs aventures compilées dans des albums cartonnés et remporte alors un très grand succès auprès du grand public.

Humour : Astérix, Lucky Luke, Iznogoud, Gaston Lagaffe, Achille Talon, Philémon, Les Schtroumpfs, etc.
Aventure : Tintin, Blueberry, Spirou, Barbe-Rouge, etc.
Science fiction : Valérian, Yoko Tsuno, Blake et Mortimer, etc.
Sport : Michel Vaillant, Éric Castel, etc.

Auteurs : Claire Bretécher, Charlier, Christin, Druillet, Franquin, Fred, Jijé, Moebius, Godard, Goscinny, Gotlib, Greg, Edgar P. Jacobs, Lauzier, Mandryka, Jacques Martin, Morris, Pétillon, Peyo, Reiser, Tabary, Uderzo, etc.

Revues : Record, Tintin, Pilote, Spirou, etc.

En 1964, Quino crée son incroyable Mafalda, petite fille argentine qui nous livre sa vision particulière du monde qui l'entoure.

La bande dessinée « adulte » sort de la confidentialité (elle a toujours existé, mais soumise à une censure importante, restreinte à un public précis et cantonnée aux thèmes pornographiques), avec V Magazine, et la série Barbarella, par Jean-Claude Forest, ainsi qu'avec Blanche Épiphanie, par Georges Pichard.

Enfin, c'est au cours des années 1960 que des chercheurs et des passionnés commenceront à étudier la bande dessinée de manière sérieuse : Pierre Fresnaut-Deruelle, Alain Resnais, Francis Lacassin, etc.

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MessageSujet: Re: Culture générale sur la BD   Mer 31 Jan - 16:07

Les années 1970

À la suite de Pilote, qui avait été le premier journal à s'adresser aux jeunes (c'est-à-dire aux adolescents — donc ni aux enfants, ni aux adultes), à la suite de V Magazine, de Chouchou, de Hara-Kiri, et dans le cadre de la libéralisation progressive des mœurs post-soixante-huit, une presse « adulte » offre au public un contenu pornographique souvent mais aussi, et c'est là une nouveauté, subversif, politique, underground : Actuel (1970), L'Écho des savanes, créé par trois transfuges de Pilote (Nikita Mandryka, Claire Bretécher, Marcel Gotlib) en 1972, Mormoil (1974) et bien d'autres titres qui ont, à ce jour, tous disparu à l'exception notoire de Fluide Glacial, né en 1975, qui avait choisi une voie relativement marginale en son temps, inspirée du journal américain Mad : pas de politique, relativement peu de subversion, mais de l'humour à chaque page.

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MessageSujet: Re: Culture générale sur la BD   Mer 31 Jan - 16:07

Les années 1980

À la fin des années 1970 début 80, la bande dessinée s'offre de nouvelles ambitions et se fait nommer roman graphique, aux États-Unis avec Will Eisner (Un bail avec Dieu), en Italie avec Hugo Pratt, en Argentine avec Alberto Breccia, en France avec le journal (À SUIVRE) et ses « romans à suivre » tels que Ici-même (Tardi/Forest), Comès (L'Ombre du Corbeau, La Belette), Jean-Claude Servais (Isabelle). Les premiers « romans graphiques » sont en noir et blanc et, souvent, d'un graphisme qui tranche avec les productions habituelles. Les dernières décennies ont vu l'affirmation du succès de bandes dessinées destinées aux adultes, abordant des thèmes nouveaux, développant des intrigues complexes et des personnages ambigus.

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MessageSujet: Re: Culture générale sur la BD   Mer 31 Jan - 16:09

Les années 1990

Les années 1990 connaissent trois évolutions importantes :

Les influences s'internationalisent : la bande dessinée franco-belge se penche sur les comics et les mangas, les Américains s'intéressent eux aussi aux mangas, ainsi qu'à la bande dessinée européenne, les Japonais débauchent des auteurs européens, et de nombreux pays s’intéressent à nouveau à la bande dessinée après avoir laissé le genre en friche (ou sous la triple influence de Mad Magazine, Disney et du King Features Syndicate) pendant des décennies : Grande-Bretagne et Commonwealth, Allemagne et pays scandinaves, etc.

La quasi-disparition de la bande dessinée périodique au profit de l'album, y compris dans la BD dite « populaire » : Lanfeust de Troy, Largo Winch, XIII, Blake et Mortimer ou encore Titeuf, qui atteignent à chaque nouvelle parution des volumes de vente très importants (jusqu'à 500 000 exemplaires). De fait, le secteur de la bande dessinée est l’un des rares secteurs du livre qui progresse régulièrement en termes financiers.

Les expériences de micro-édition underground des années 1970 et 1980 se transforment en un véritable secteur de l'édition de bédé, dite « BD indépendante » ou « BD alter », avec des éditeurs phares tels que L'Association ou Cornélius en France, Fréon en Belgique, Atrabile en Suisse, Fantagraphics Books et Drawn and Quarterly en Amérique du nord, Cockroach en Chine, etc. Les auteurs qui éditent (et souvent, s'auto-éditent) dans ce secteur sont souvent tentés par l'autobiographie, la bande dessinée expérimentale (cf. Oubapo), mais aussi la bande dessinée d'aventure. Citons, parmi les plus emblématiques : Art Spiegelman, Lewis Trondheim, David B, Marjane Satrapi. Ces auteurs ne renient pas pour autant le grand public ni les genres plus classiques. La série Donjon en est un bon exemple, dans le genre heroic fantasy avec un zeste d'ironie et de parodie, ainsi que la participation à chaque numéro de dessinateurs différents (comme dans les années 1950 avec les histoires de l'oncle Paul). Actuellement, les collections « Poisson-Pilote » chez Dargaud ou « Aire Libre » chez Dupuis sont très représentatives de ce changement.

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MessageSujet: Re: Culture générale sur la BD   Mer 31 Jan - 16:10

Les années 2000

Les grands traits des années 1990 restent vrais, mais connaissent des mutations qui inquiètent certains professionnels du secteur :

la surproduction : en 2005, il se publie près de dix albums francophones par jour, personne n'est plus à même de savoir tout ce qui se publie en bande dessinée.

la digestion des expériences de la micro-édition par les gros éditeurs, qui débauchent les auteurs les plus accessibles au grand public et n'ont pas peur de fournir des ersatz de bande dessinée d'auteur à un public non-spécialisé.

On voit également avec l'explosion d'internet apparaître le phénomènes des Blogs BD : des auteurs, souvent jeunes mais parfois déjà connus utilisent leurs blogs pour faire connaître leur travail.
Le plus emblématique de ces BD-bloggueurs est le mystérieux Frantico, dont le blog a finalement été repris en album.

Autre phénomène connexe, l'apparition des webcomics. Certains auteurs utilisent le web pour trouver directement leur public, sans passer par la case éditeur. La forme choisie est majoritairement celle du comic strip. Mais le phénomène, massif aux États Unis, reste plus marginal en France. Les principaux webcomics français se retrouvent sur le Portail Lapin de Phiip. On retrouve aussi de vieilles séries comme Krazy Kat et des créations originales sur Coconico World (http://www.coconino-world.com/).

Enfin depuis 2006, une collaboration entre la BD franco belge et le manga a été amorcée. En effet les personnage Spirou et Fantasio, personnages phares de la bande dessinée européenne, ont été repris dans un manga 100% japonais de Ooshima. C'est un tout nouveau groom, a la fois naif et éspiègle, très mignon qui évolue dans les nouvelles aventures japonaises.Il faut en effet savoir que la France est le deuxième pays qui compte le plus de lecteur de manga au monde après le Japon et que ce marché progresse chaque années.

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